vendredi 10 juin 2011

non à l'assistanat ! (2)

Le Canard Enchaîné du 8 juin nous apprenait que M. Luc Ferry, Professeur de philosophie à l'Université Paris- 7- Diderot et payé par celle-ci pour 4500€ nets mensuels environ (enseignement annuel de 192 heures), n'aurait pas assuré de cours. En effet il aurait été "détaché" (encaissant au passage un complément de 1800€ mensuels), comme "président délégué" du Conseil d'Analyse de la Société (CAS), sous la responsabilité de Matignon (services du Premier Ministre). Et la situation durerait depuis 1997 (à l'exception de son emploi comme ministre). La faculté paie quelqu'un qui n'assure aucun cours, alors qu'en cas de détachement, c'est l'institution chez laquelle on est détaché qui verse le salaire.
Dernier développement (le 10 juin 2011). Matignon (les services du premier ministre) aurait promis de rembourser les salaires de M. Luc Ferry à l'Université Paris 7-Diderot. En effet, si M. Ferry était détaché au CAS, c'est Matignon qui devait le rétribuer. Comment se fait-il que cette « régularisation » intervienne si tard ? Les services du premier ministre, qui préparent des lois, ignorent-ils celles en vigueur ? Ou estiment-ils que les lois et règlements qu'ils édictent et promulguent ne s'appliquent pas à tous ?

Il ne s'agira pas d'une « affaire », vu la célérité à l'étouffer. La résolution en urgence de la situation administrative de M. Ferry masque plusieurs questions.

  • Combien d'enseignants détachés sont-ils payés par le Ministère de l'Education Nationale au lieu de la structure qui les accueille ?
  • Combien de fonctionnaires sont-ils « détachés », en étant payés par leur administration d'origine ? En étant payés par leur administration d'affectation ?
  • Comment peut-on être Professeur d'Université sans assurer une heure de cours ? Et percevoir un salaire complet ?
  • Combien existe-t-il de ces "comités théodule" financés sur fonds publics, qui pondent des rapports et recasent les "amis" ? 
Il y aurait bien d'autres questions...

Mais le sentiment qui gagne est l’écœurement...

Et c'est aux pauvres de payer, avec le retour de la corvée. Pendant que ces gens-là se gobergent...



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