samedi 3 décembre 2011

Consortium (4) fiction

Le consortium a développé des moyens d'enrichir ses membres, des financiers en majorité ces vingt dernières années.

D'abord en assurant des rentes financières. Emprunter à une banque centrale pour prêter à un état ou autre collectivité qui peut lever l'impôt fut l'une des meilleures rentes (de 3% annuels à 10%, mais avec des risques de défaut). Cela a commencé aux Etats-Unis, sous Reagan, plus ou moins discrètement, puis sous Clinton, le grand dérégulateur. Goldman Sachs plaçait déjà ses pions dans l'entourage du président. Ce système s'est pratiquement généralisé, sauf à Pékin, et encore... C'était placer les états sous tutelle (comme pour leurs citoyens avec le crédit-revolving).

Ensuite et parallèlement, les financiers ont créé tous types de produits dérivés (ah ! l'invention de l'effet de levier). Certes il existait depuis longtemps des "paris" d'investisseurs. Par exemple sur le blé : l'investisseur achète la récolte à l'avance, à un prix convenu. Si la récolte est moindre ou le prix de vente inférieur au prix convenu, l'investisseur en est pour ses frais. Si au contraire la vente se fait à un prix supérieur au prix convenu, l'investisseur est gagnant (c'est le marché des "futures", en anglais). Il était déjà assez farfelu d'acheter à l'avance (et de vendre aussi) ce qui n'existe pas encore. Mais nos financiers sont des créateurs en mal de reconnaissance. Ils ont créé des fonds dérivés sur les "futures", puis sur les indices boursiers, sur l'évolution des cours des actions, des obligations, des matières premières, etc.  Les dérivés sur dérivés n'ont pas manqué, et les assurances sur dérivés et dérivés de dérivés. Sans compter les paris sur les monnaies (le Forex).

Bref, il se brasse chaque jour sept fois plus d'argent qu'il ne se produit de richesses tangibles. Et c'est comme au casino : la banque gagne toujours, à la fin. Quand elle perd, par imprudence surtout, par incompétence souvent, les états renflouent et les citoyens paient, in fine.

En obligeant les états à se délester de la protection sociale (en la mettant en crise), à privatiser le plus possible, à s'affaiblir volontairement (en diminuant leur périmètre d'activité, les impôts sur les sociétés, sur les hyper riches, etc.), les financiers peuvent encore s'approprier  à bon prix de pans entiers de l'économie qui passe sous "la loi du marché" (des oligopoles, en fait). On spécule déjà sur le CO2, l'eau potable est déjà dans le périmètre marchand, l'énergie l'a rejoint, la santé y passe. 

Mais le consortium a récemment décidé de lâcher les financiers. D'une part ils deviennent trop visibles et remettraient en cause notre invisibilité, premier moteur d'efficience. Ils commencent à être désignés à la vindicte populaire. D'autre part, en menaçant l'existence même des états, les financiers pourraient subir un revers d'ici à 2013 (une fois les exécutifs renouvelés). A moins qu'ils ne parviennent à circonscrire ces exécutifs (comme en Grèce et en Italie). Mais ce sera repousser l'échéance de quelque six ans.

Toutefois le jeu des financiers, immédiatement rentable, repose sur du vent et sur des masses de transactions plus ou moins fictives. Or le Consortium sait bien que tout multiple de zéro est zéro, tôt ou tard.





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