mardi 17 avril 2018

avis sur les frappes françaises en Syrie

Mon point de vue sur les frappes de l'aviation française en Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril est éminement subjectif, mais je le crois partagé et partageable. Même si nous ne disposons pas d'informations fiables.

Le motif de l'intervention

L'armée syrienne aurait conduit une attaque chimique dans la Ghouta, dont elle avait reconquis 90%. Du point de vue logique, ce genre d'attaque était absurde puisque la victoire était assurée en quelques jours voire semaines. Une attaque chimique n'avait plus d'intérêt militaire.
Les images de cette attaque chimique  ont fait le tour du monde mais ne sont pas probantes au point que la russie a pu parler de montage, contre lequel elle avait déjà mis en garde. Ces images ont pour source notamment les "casques blancs" dont l'action à Alep était plus que contestable parce qu'ils couvraient les djihadistes ou étaient manipulés par eux.
Ce qui manque ce sont des preuves.
L'OAIC devait arriver à Damas pour mener une enquête le 14 avril.
Les frappes aériennes ont eu lieu juste avant comme pour dissimuler des preuves.

Elles ne résolvent rien. L'arsenal de production d'armes chimiques aurait été démantelé sous surveillance internationale.

L'intervention

Le tir d'une centaine de missiles sur un centre de recherches à Damas et sur deux sites de stockage dans le centre de la Syrie aurait été une réussite.
Selon les communiqués victorieux de la "coalition" (trois états en fait), agissant sans mandat de l'ONU, la destruction ciblée de l'arsenal chimique de Damas aurait été une réussite totale.
Mais comment faire exploser un site de stockage d'armes chimiques sans que celles-ci ne se répandent dans l'atmosphère? Sans victimes ?
Sauf à supposer que ces lieux aient été vides et les populations évacuées, car prévenues à l'avance. A titre personnel j'ai bien ri de l'hypothèse d'internautes évoquant le bombardement d'un site de production de liquide vaisselle.
Sur la centaine de missiles tirés, la DCA syrienne prétend en avoir intercepté et détruit environ 70. Sans démenti. Certes en temps de guerre, les communiqués des deux parties ne brillent pas par leur fiabilité. Car c'est bien une action de guerre qui a été menée contre la Syrie.

Qui a décidé de l'intervention, de quel droit, et sur quelles preuves ?
Le président Macron a déclaré détenir des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par l'armée syrienne dans la Ghouta, mais il semble bien en peine de les divulguer. Son ministre Le Drian prétend qu'elle se fondent sur l'examen de videos et de témoignages émanant des réseaux sociaux. Voilà où en seraient les services de renseignement militaires !

En bref

Suite à une attaque à l'arme chimique présumée de l'armée syrienne, comme à Alep, trois pays mènent un bombardement en Syrie, qui vise à affaiblir le gouvernement légitime et crédibilse les jihadistes, opportunément renommés "rebelles".

La Syrie est loin pour les Français, et l'Orient est "compliqué". Mais si des banlieues radicalisées s'arment dans une insurrection mortelle ? Damas semblera-t-elle aussi étrangère ?

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