jeudi 5 avril 2018

Information ?

Informer est en même temps “faire savoir” et “donner forme” à ce savoir que l’on diffuse.

Les faits et événements sont matière à information. Que sont-ils ? Ce qui advient dans le monde, proche ou lointain, qui implique des humains surtout, et qui n’est pas habituel ou récurrent. L’arrivée des martinets, que j’aime à guetter, n’est pas un événement parce qu’elle est à peu près régulière à dix jours près, et qu’elle ne semble avoir aucune incidence sur la vie des humains.  Même si leur nombre et leurs sites de nidification diminuent, ce fait ne constitue pas un événement. Pas encore. pas plus que la diminution des moineaux friquets en France alors que je les ai vus omniprésents et audacieux à Vienne. Il est ainsi des faits que l’on diffuse pas parce qu’ils ne semblent pas dignes d’attention.

Si l’on en croit la lecture de la presse papier ou numérique, les sujets d’attention seraient les relations internationales, la politique, la société, et plus ou moins la vie des célébrités, la technologie, voire les sciences, l’économie, et la vie quotidienne. Cette liste incomplète est issue d’une synthèse entre les sites d’information de yahoo au Monde, qui présentent plus ou moins les mêmes rubriques. Les rubriques utilisées sont souvent contestables, ainsi lorsqu’un fait divers pourrait migrer dans la rubrique “société” – ce type de classement est reproché au site fdsouche alors que les informations collectées proviennent de la presse et sont sourcées.

La rubrique “politique” est certainement la pire en matière d’information. Qu’y trouve-t-on ? Les projets pour la grandeur du pays, pour l’amélioration de la condition des citoyens, pour une société moins inégalitaire, …? Que nenni. Plutôt les propos de tel ou tel qui en dégomme un autre. Il est peu question des projets de lois étouffées sous les amendements et autres procédures au point qu’il devient impossible d’en parler. L’information politique finit par se réduire à la répercussion de petites phrases apprêtées dans les officines de communicants. Les journalistes reproduisent les fiches et les “éléments de langage” que leur concèdent les officines à la mesure de leur soumission (accréditation, en langage officiel). Ainsi l’information politique n’est-elle que la diffusion de ce que la caste désire et exige de diffuser. Ce faire-savoir, par ses modalités, relève de la propagande.

Propagande plus qu’évidente quand il s’agit de la Syrie en guerre. Voire pour tout le Moyen-Orient. Le siège d’Alep par les forces de Bachar-el-Assad et leurs alliés iraniens et russes ont inondé nos écrans d’atrocités voire de crimes de guerre, mais filmés par qui, et où ? Tandis que la bataille de Mossoul, menée par l’armée irakienne et les alliés occidentaux épargne miraculeusement les civils qui viennent se réfugier en zone libérée. Il est vrai que les bombes occidentales sont “intelligentes” et discriminent les victimes. Pendant que, hors image, l’Arabie Saoudite bombarde le Yémen… Comment croire la propagande contre la Russie orchestrée par les officines US, si caricaturale qu’elle en devient imbécile.

L’enfumage se fait parfois sous nos yeux et les medias y contribuent de façon qu’éclate leur mépris du public, à moins que la stupidité la plus crasse y règne. L’exemple de la dernière “cyber-attaque” du logiciel de rançonnage “wanacry” est un cas d’école. Ce logiciel a été introduit par le biais des interconnexions dans de nombreux réseaux. Il crypte les fichiers des machines infestées et affiche une demande de rançon en bitcoins. Or il s’avère qu’il profite d’une faille informatique dur les systèmes windows (xp sutrout), faille qui avait été détectée et utilisée par la NSA à l’insu de Microsoft. Une partie des outils informatique de la NSA ayant fuité sur internet, les pirates avaient ainsi l’outil pour mener une attaque de grande ampleur. Mais les responsabilités de la NSA, voire de Microsoft furent-elles condamnées ? Non. Après avoir incriminé la Russie, voilà que l’on désigne la Corée du Nord. A qui le prochain ? Et les medias de relayer complaisamment ces absurdités ! Il est vrai que le ridicule ne tue pas. Mais prétendre à la crédibilité après cela. Et, comble du mépris le plus culotté, prétendre lutter contre les rumeurs malveillantes (“fake news”) après en avoir propagé de si flagrantes…

Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus de gens cherchent d’autres sources d’information que les medias déclarés ou officiels. Lesquels menacent, avec la complicité des autorités, la liberté d’expression et de diffusion dont ils ont perdu le monopole.

A ce propos, les avantages financiers de la presse écrite ainsi que la redevance audiovisuelle, en France, devraient être supprimées. Ni le citoyen ni le contribuable n’ont à financer la propagande ou la désinformation.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire